Champ d'expertise

Mon champ d’expertise spécifique se définit autour de trois axes :

L’accompagnement

L’accompagnement des personnes atteintes de cancer et de leurs proches et plus largement, des personnes touchées par la maladie chronique ou le handicap conduit à se saisir des questions de l’annonce des mauvaises nouvelles, des complexes relations entre patients et équipes soignantes, entre patients et proches, de celles concernant le retour et ou le maintien au travail, et plus généralement le sens de la vie pour chacun.

L’annonce de la maladie grave bouleverse de manière radicale le rapport du sujet à lui-même. Lors de l’accompagnement, la présence, l’écoute, la reconnaissance des ressentis et de la subjectivité permettent à la personne en souffrance de retrouver un lien avec elle-même, des ressources, du désir, et de ré-envisager des possibilités de vie.

 

L’accompagnement soutient l’autonomie de la personne. Il la conduit à mieux appréhender les inévitables incertitudes, et à intégrer sa vulnérabilité, condition inhérente à l’être humain. Il s’agit pour cela d’accepter (le patient, les soignants, les proches, le psy) de ne pas savoir immédiatement ce qui va être bon pour le patient, de s’y intéresser comme un aspect essentiel, de cheminer ensemble, de partager les questions qui se posent, et de faire confiance…jusqu’à ce que les réponses émergent inévitablement, même dans les situations les plus dramatiques.

L’accompagnement peut également s’appliquer au soutien de l’autonomie des aidants, des DRH, des managers, etc, confrontés aux personnes malades.

L’humanisation des soins

L’intérêt et l’action pour le développement de pratiques de soins humanisées est essentiel dans un contexte où technicité, rentabilité, protocoles et reporting font loi.

Il est indispensable de développer une réflexion sur les conditions institutionnelles favorisant une prise en charge adaptée des personnes malades comme le soutien des professionnels, souvent écartelés entre des valeurs de soin et les pratiques gestionnaires : mise en œuvre des soins de support, management participatif, préservation de la subjectivité dans les relations, développement des espaces de parole et de délibération, prise en compte de la souffrance des soignants et prévention du burn out… 

Toutes les voies d’accompagnement, de formation et de management respectueux des professionnels travaillant dans la prise en charge des personnes atteintes de maladies chroniques sont requises, pour une pratique plus adaptée des professionnels et une approche subjective du soin.

Le lien avec la société civile (grand public, entreprises) est également indispensable à une telle évolution : c’est le regard porté sur la maladie, la vulnérabilité, le handicap et la différence qui est en jeu. La rencontre des points de vue psychologiques, sociaux, politiques, économiques, anthropologiques et philosophiques est incontournable pour ces avancées, afin d’intégrer tout à la fois les singularités de « l’être malade », et son humanité qui nous rappelle l’universalité psychique du sujet qui implique de donner le même statut à tous les êtres humains.

Travail et cancer

L’évolution des traitements transforme le cancer en maladie chronique. Ainsi, de plus en plus de personnes atteintes de cancer sont confrontées au maintien de leur activité ou à la reprise de leur emploi, ce qui ne va pas de soi, quand l’identité même du sujet est bouleversée, ses repères déconstruits, et, lorsque l’on sait que les protagonistes de l’entreprise (collègues, managers, dirigeants) sont souvent démunis tant la question du cancer est encore taboue.

Il y a lieu de soutenir d’une part les personnes malades dans cette perspective de lien avec leur emploi, tant par des dispositifs sociaux, professionnels et psychologiques, et d’autre part, les entreprises elles mêmes (managers et dirigeants). Les personnes malades doivent être aidées à surmonter les craintes de « ne plus être à la hauteur », « d’être trop fatigués », « d’être stigmatisées », etc, et, se libérer de l’idée de « travailler comme avant » qui les maintient dans la peur. Les collègues et managers doivent être aidés de leur côté à dépasser « le tabou du cancer », la peur de « mal faire » avec leur collègue qui reprend le travail, et surtout apprendre à entendre et ressentir l’état de la personne pour adapter leur comportement plutôt que d’adopter des attitudes stéréotypées et défensives délétères pour tous. Au final, le cancer à l’épreuve du travail enjoint d’affronter une condition de l’humain, qu’il y a lieu d’assumer enfin : la vulnérabilité.